24 mai

vendredi 24 mai

 05 月 24 日(金)

Aomori 1

Ce matin, en 3 heures, le shinkansen Hayabusa 13 m’a mené jusqu’à Shin-Aomori. Un bref changement avec la ligne Ōu, et me voici à Aomori. Il fait très frais (environ 16-17°C) et il vient de finir de pleuvoir.

Je vais jusqu’à l’hôtel qui ne se trouve qu’à 8 minutes de la gare. J’y dépose mon sac à dos pour que ce ne soit pas trop lourd pendant la visite de l’après-midi.

Aomori est une capitale de préfecture située tout au nord du Tohoku sur l’île principale japonaise Honshu, face à Hokkaido. Port maritime réputé pour ses délicieux poissons et fruits de mer, la ville bénéficie d’un patrimoine historique qui remonte à la préhistoire.  Entourée d’une nature sauvage et verdoyante en été, elle est l’une des villes japonaises les plus enneigées en hiver.

Le bleu de l’océan et le vert des forêts de montagnes environnantes illustrent à merveille la ville d’Aomori, dont le nom en japonais signifie « forêt bleue ».

Son centre-ville longe une anse de la baie de Mutsu et s’adosse aux monts Hakkoda. Il affiche aujourd’hui un paysage urbain plutôt plat, composé majoritairement de quartiers résidentiels et industriels sans charme particulier.

Justement, ma visite de l’aprè-midi concerne le passé historique, en particulier la période Jōmon. La période Jōmon ou l’ère Jōmon (縄文時代Jōmon jidai) est l’une des quatorze subdivisions traditionnelles de l’histoire du Japon. Elle couvre la période qui va, approximativement, de 13 000 jusqu’à, environ, 400 av. J.-C. Le Japon est alors peuplé par des chasseurs-cueilleurs. Leur culture, de type mésolithique, est l’une des premières au monde à connaître et pratiquer la poterie.

Je pars à pied de l’hôtel sans me rendre compte qu’il va bien me falloir 1h30 pour atteindre le Sannai Maruyama Site. Et, de plus, la route n’est pas très intéressante, je dirais interminablement triste.

Je croise  un petit sanctuaire, le Kusushi shrine.

Je finis tout de même par y arriver (il y a même la maison de Bruno) en sautant la visite du musée qui, paraît-il, est l’un des plus beaux du Japon.

Sannai Maruyama (三内丸山遺跡Sannai Maruyama isekilitt. « vestiges de Sannai Maruyama ») est un des sites archéologiques majeurs de la civilisation Jōmon.

La période la plus active sur ce site semble être du XXXIXe au XXIIIe  siècle av. J.-C. (de 3500 à 2000 av. J.-C.) durant le Jōmon Ancien et Moyen. Le site correspondait à une petite colline en bord de mer.

Ce que l’on voit ici est une reconstitution d’un village Jōmon d’après les vestiges retrouvés.

Les vestiges de plus de 800 habitations ont été mises au jour, mettant en évidence l’importance de la population sur le site (surtout pour cette époque). Quatre types de constructions sont distinguables : des habitations semi-enterrées, une grande demeure, des habitations sur pilotis, et une tour de 6 pylônes.

Les habitations semi-enterrées sont circulaires, de petite taille, environ 3 à 4 m de diamètre pour 12 m² . Certaines ont été reconstituées par les archéologues en forme de tipi, avec une couverture végétale.

La grande demeure mesurait 32 m de long sur 10 m de large. Elle pouvait servir de marché ou de maison commune, pour les fêtes ou les grands froids hivernaux (ou tout cela à la fois). Comme la plupart des habitations du site, elle est semi-enterrée.

La tour de 6 pylônes a été reconstituée à quelques mètres des vestiges de son emplacement initial. Les pylônes étaient constitués de tronc de châtaigniers mesurant environ un mètre de diamètre chacun. Ils sont espacés d’exactement 4,2 mètres les uns des autres pour former une structure rectangulaire.

Toutes ces habitations étaient de bois, et le Japon étant un pays particulièrement humide, peu de restes subsistent 5 000 ans plus tard. Si les fouilles permettent de connaître la surface au sol, la forme des constructions élevées reste elle-même purement hypothétique. Une des grandes inconnues est notamment la présence ou non d’un toit au sommet de la tour. Après de nombreux débats, elle fut reconstruite sans.

Cette reconstitution est vraiment très bien réalisée.

Après un bon temps passé à tout explorer, je retourne au bâtiment d’accueil pour attendre le bus qui va me ramener jusqu’à la gare d’Aomori (pas question de refaire 1h30 de marche avec la fatigue, la fraîcheur et le vent).

Seulement 30 minutes de bus, puis je vais à l’hôtel pour terminer l’enregistrement et obtenir ma carte de chambre.

Je sors à nouveau courageusement dans le vent pour trouver à manger, un peu au hasard, puis acheter de quoi pour mes 2 petits-déjeuners.

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